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REGISTRES DU BUREAU
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le soubdiacre'1'. Après le corpus de Nostre Seigneur qui estoict soubz ung beau ciel marchoient mess™ les cardinaulx de Bourbon, de Lauraine, de Guise et d'Arminac, suy vis de plusieurs evesques t2', du chap­pitre de l'Esglise de Paris. Après eulx marchoit la Court de Parlement, vestuz de robbes d'escarlatle, du costé dextre, et la Ville du costé seneslre, lad.
Court estant suyvie par les advocatz et procureurs de lad. Court.
Et fut celebré la grant messe t3' en la presence de tous les dessusd, aud. lieu de Sainct Medard en grande devotion pour expier le peché commis par les hereticques, et retournerent Mess™ de lad. Ville disner à Saincte Geneviefve.
CCII.
Hir M LIVRES DEMANDEZ PAR LE
Ro
Y A LA
VlLLE.
i5 juin 1.562. (Fol. 124 r°.)
De par le Roy. "Trés chers et bien amez, pour ce que la gran­deur et necessitté de noz affaires requiert que nous soyons promptement secouruz en la somme de quatre cens mil livres, laquelle, pour [ne] incommo­der et travailler noz subjeclz d'empruntz particuliers, nous avons advisé de prandre en nostre ville de Paris à constitution de rente au denier douze, nous vous mandons et enjoignons que vous ayez à assem­bler le Corps de noslred. Ville pour leur proposer et faire entendre ce que avons ordonné à vous Prevost des Marchans, partye des Eschevins leur dire de nostre part, tant de la dilligence que requiert lad.
affaire, que des deniers sur lesquelz se fera l'assigna­tion de lad. constitution de rente, affin de faire faire les despeches qui seront necessaires pour ung tel effect le plus promptement et dilligemment que faire ce pourra; à quoy vous ne ferez faulte, car tel est nostre plaisir.
k Donné au boys de Vaincenne, le qinzeiesme jour de Juing vc lxii.»
Ainsi signé : CHARLES.
Et au dessoubz : Bourdin.,
Et dessus le reply desd, lettres est escript : A noz trés chers et bien amez les Prevost des Marchans et Eschevins de nostre bonne ville de Paris.
CCIII. — Commandement et injonction aux huguenotz, ou notoirement diffamez
POUR ESTRE DE LA NOUVELLE RELIGION, DE VUIDER HORS PARIS, SUR PEÏNE DE LA HART.
17 juin 1562. (Fol. 124 v°.)
De par le Roy et mons1, le mareschal de Brisac, Lieutenant general de Sa Majesté en la ville dé P aris'"',
«Il est enjoinct à tous notoirement diffamez pour estre de la nouvelle religion, et ausquelz pour ceste cause a esté par les cappitaines des Dixainès faict commendement de sortir hors la ville de Paris et faulxbourgs d'icelle <5>, qu'ilz ayent à obéyr aud.
commendement dedans vingt quatre heures, sur peyne de la hart, soyt que suyvant ce commende­ment ilz s'en soient cy devant allez, ct puis sont revenuz, ou que sans y avoir obey ilz n'en soyent poinct encores partiz, et ce sans pouvoir revenir, sur la mesme peyne, jusques à ce que aultrement en ayt esté ordonné. ,         :         i                   
k Que tous ceulx qui sontseullemènt suspeetz delad.
O Les Mémoires du prince de Condé (coll. Michaud, 1" série, t. VI, p. 684) désignent ce personnage sous le nom de «monsieur Benedicti, abbé du Val, chef d'ordre de Sainte-Catherine des Escoliersi).
(2)   Notamment les évêques d'Evreux, de Bayeux, d'Amiens, d'Auxerre, de Lisieux, de Chalon et de Nevers.
(3)   Durant la messe un religieux Jacobin, nommé Le Hongre, qui l'année suivante prononça l'oraison funèbre du duc de Guise, fit une prédication au lieu appelé le Patriarche, où les huguenots se réunissaient pour leurs assemblées et leurs prêches.
(4)   Par lettres du 3i mai i56s, enregistrées au Parlement le 5 juin et insérées au volume des Ordonnances (X'° 8624, fol. 283 r°), Charles de Cossé, comte de Brissac, maréchal de France, fut nommé Lieutenant général à Paris pendant l'absence du maréchal de Montmorency, qui venait d'étre placé à la tête de l'armée, avec autorité souveraine sur les habitants pour maintenir l'ordre et répri­mer tous troubles et séditions.
(-) Un ordre du roi de Navarre, en date du 26 mai, avait enjoint à tous ceux de la nouvelle religion de quitter Paris dans le délai de quarante-huit heures ; l'exécution de cette mesure confiée au lieutenant civil de la Prévôté ayant soulevé certaines difficultés, les capi­taines des Dizaines furent spécialement chargés de désigner dans chaque quartier les individus «notoirement diffamez- et d'exiger des personnes qui prétendraient de ne point appartenir à la religion réformée une confession de foi par écrit, signée de leur main. {Archivesnationales, Parlement de Paris, X1' 1602, fol1. 3i4 v°.)